mercredi 9 avril 2008

UNION EUROPEENNE - FISC

Cour de cassation - Chambre commerciale - Arrêt de Cassation sans renvoi n° 495 du 8 avril 2008 - 02-10.359

...Vu l'article 73 B, devenu article 56, du Traité instituant la Communauté européenne ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que la Société européenne et luxembourgeoise d'investissements (la société Elisa), société holding de droit luxembourgeois, relevant de la loi du 31 juillet 1929, est propriétaire de plusieurs biens immobiliers sur le territoire français ; que, le 18 décembre 1997, l'administration des Impôts lui a notifié des redressements au titre de la taxe sur la valeur vénale des immeubles situés en France par les personnes morales, instituée par les articles 990 D et suivants du code général des impôts puis, le 10 juin 1998, des avis de mise en recouvrement ; que sa réclamation ayant été rejetée, la société Elisa a fait assigner le directeur général des Impôts devant le tribunal de grande instance afin d'obtenir la décharge des taxes litigieuses ; que, par arrêt du 13 décembre 2005, la chambre commerciale, financière et économique a saisi la Cour de justice des communautés européennes d’une question préjudicielle ;

Attendu que pour rejeter la demande de la société Elisa tendant à se voir exonérer de cette taxe, l’arrêt, après avoir constaté qu’elle a souscrit les déclarations prescrites par la loi, retient, par motifs propres et adoptés, qu’elle ne peut se prévaloir ni des dispositions de l’article 990 E 2° du code général des impôts, les sociétés holding luxembourgeoises ayant été par échange de lettres du 8 septembre 1970 exclues du champ d’application de la convention fiscale du 1er avril 1958, ni de celles de l’article 990 E 3°, en l’absence de convention ou de traité répondant aux conditions exigées par ce texte ;

Attendu que la Cour de justice des Communautés européennes a dit pour droit (CJCE 11 octobre 2007 affaire C-451/05) que l’article 56 du Traité doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à une législation nationale, telle que celle résultant des dispositions des articles 990 D et suivants du code général des impôts, qui exonère les sociétés établies en France de la taxe sur la valeur vénale des immeubles possédés en France par des personnes morales, alors qu’elle subordonne cette exonération, pour les sociétés établies dans un autre Etat membre, à l’existence d’une convention d’assistance administrative conclue entre la République française et cet Etat en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ou à la circonstance que, par application d’un traité comportant une clause de non-discrimination selon la nationalité, ces sociétés ne doivent pas être soumises à une imposition plus lourde que celle à laquelle sont assujetties les sociétés établies en France et ne permet pas à la société établie dans un autre Etat membre de fournir des éléments de preuve permettant d’établir l’identité de ses actionnaires personnes physiques ;

Attendu qu’en statuant comme elle a fait, la cour d’appel a violé le texte susvisé...

SOCIETE - TRANSFORMATION

Cour de cassation - Chambre commerciale - Arrêt de Cassation sans renvoi n° 496 du 8 avril 2008 - 06-15.193

...Vu les articles L. 224-3, L. 225-244 et R. 123-105 du code de commerce ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que l’assemblée générale du 30 juin 2005 de la société anonyme Breiz alu (la société) a décidé de modifier sa forme sociale en société par actions simplifiée ; qu’à la suite du refus du greffier du tribunal de commerce de procéder à l’inscription modificative au registre du commerce et des sociétés au motif que le rapport du commissaire aux comptes sur la transformation de la société, prévu par l’article L. 224-3 du code de commerce, n’avait pas été déposé au greffe dans le délai de huit jours au moins avant la date de l’assemblée générale appelée à statuer sur la transformation de la société, prévu par l’article 49 du décret du 30 mai 1984 relatif au registre du commerce et des sociétés, devenu l’article R. 123-105 du code de commerce, la société a contesté cette décision devant le juge commis à la surveillance du registre de commerce ;

Attendu que pour rejeter la contestation du refus du greffier du tribunal de commerce de procéder à l’inscription modificative, l’arrêt retient que, selon la réponse ministérielle du 12 juillet 2005, si l’ information relative à la valeur des biens composant l’actif social et les avantages particuliers, visée à l’article L. 224-3 du code de commerce, est jointe au rapport prévu à l’article L. 225-244 du code de commerce relatif à la transformation des sociétés anonymes et attestant que les capitaux propres de la société transformée sont au moins égaux au montant du capital de celle-ci, ledit rapport doit également faire l’objet d’un dépôt au greffe du tribunal de commerce huit jours au moins avant l’assemblée générale appelée à statuer sur cette question ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que seul le rapport du commissaire aux comptes prévu à l’article L. 225-244 du code de commerce doit être établi en cas de transformation d’une société anonyme en société par actions simplifiée, et qu’en l’absence de toute référence à ce rapport dans l’article 49 du décret du 30 mai 1984, devenu l’article R. 123-105 du code de commerce, son dépôt au greffe du tribunal de commerce n’est pas prescrit, la cour d’appel a violé les textes susvisés...

LIBERTE D'EXPRESSION - DROIT DES MARQUES

Vu les articles 1382 du code civil, ensemble l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme ;

...Attendu que pour, condamner ces associations à payer la somme d'un euro à titre de dommages-intérêts à la société et autoriser celle-ci à faire publier le dispositif de l'arrêt, la cour d'appel a énoncé qu'en l'espèce la représentation des marques de la société, associées à une tête de mort et à un poisson au caractère maladif, symboles que les associations admettaient avoir choisis pour «frapper immédiatement» l'esprit du public sur le danger du nucléaire, en ce qu'elle associait les marques A et A Areva déposées pour divers produits et services, et non seulement le nucléaire, à la mort, conduisait à penser que tout produit ou service diffusé sous ce sigle était mortel ; que, de ce fait, en raison de la généralisation qu'elles introduisaient sur l'ensemble des activités de la société, les associations allaient au-delà de la liberté d'expression permise, puisqu'elles incluaient des activités qui n'étaient pas concernées par le but qu'elles poursuivaient en l'espèce, c'est-à-dire la lutte contre les déchets nucléaires ; qu'elles avaient, par cette généralisation, abusé du droit à la liberté d'expression, portant un discrédit sur l'ensemble des produits et services de la société et avaient ainsi commis des actes fautifs dont elles devaient réparation ;
Qu'en statuant ainsi, alors que ces associations agissant conformément à leur objet, dans un but d'intérêt général et de santé publique par des moyens proportionnés à cette fin, n'avaient pas abusé de leur droit de libre expression, la cour d'appel a violé les textes susvisés...

mardi 8 avril 2008

AVOCAT - HONORAIRES - REVUE DE JURISPRUDENCE

Sur http://www.eurojuris.fr : Honoraires d'Avocats et jurisprudence récente, par Jean-Pierre DEPASSE

Cinq arrêts commentés :

Cour de Cassation – 2ème Chambre civile – 10/01/2008 – N° Pourvoi : 06-21566
Cour de Cassation – Chambre commerciale – 29/01/2008 – N° Pourvoi : 05-15532
Cour de Cassation – 2ème Chambre civile – 21/02/2008 – N° Pourvoi : 06-21662
Cour de Cassation – 2ème Chambre civile – 21/02/2008 – N° Pourvoi : 07-11487
Cour de Cassation – 1ère Chambre civile – 13/03/2008 – N° Pourvoi : 05-11314

lundi 7 avril 2008

INSTITUTION - REFORME

Le journal Le Monde présente, en avant première, un résumé de l'avant-projet de loi constitutionnelle relatif à la réforme des institutions, qui a été transmis au Conseil d'Etat.

COMMERCE - PREEMPTION

Sur http://www.preemption.fr/ : L’entrée en vigueur du droit de préemption sur les commerces, par Benoît JORION

Conseil d'État 21 mars 2008 Société MEGARON, req. n° 310173, à paraître aux tables

Extraits : « Considérant qu'une loi nouvelle entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel, dans les conditions fixées à l'article 1er du code civil, sauf si elle en dispose autrement ou si son application est manifestement impossible en l'absence de dispositions réglementaires en précisant les modalités ; qu'en ce cas, comme l'indique ce même article, son entrée en vigueur est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces dispositions ;

Arrêté du 29 février 2008 relatif à la déclaration préalable à la cession de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux et modifiant le code de l'urbanisme


CERFA 13644*01 (PDF)

CONSEIL D'ETAT - REFORME

Communiqué de presse du 7 mars 2008 : Le Conseil d’Etat adapte ses procédures internes pour répondre aux défis de l’inflation normative et contentieuse

Lire le décret

Le décret n° 2008-225 du 6 mars 2008 relatif à l’organisation et au fonctionnement du Conseil d’Etat publié ce jour au Journal Officiel réforme les conditions d’exercice des fonctions consultatives du Conseil et consacre en droit la séparation de fait de ses fonctions consultatives et de ses attributions juridictionnelles. Ce décret traduit les premiers effets concrets des réformes voulues et engagées par Jean-Marc Sauvé peu après sa nomination comme vice-président du Conseil d’Etat...

OGM

Le juge des référés du Conseil d'Etat rejette la demande de suspension de l’arrêté du ministre de l’agriculture et de la pêche interdisant la mise en culture du maïs génétiquement modifié « MON 810 ».


Lire l'ordonnance


Lire le communiqué de presse

PROCEDURE CIVILE - APPEL - MATIERE GRATIEUSE

Sur le blog de Michele Bauer : Le changement de régime matrimonial est une procédure gracieuse.

Un arrêt du 19 mars 2008 confirme que la procédure d'homologation d'un changement de régime matrimonial est une procédure gracieuse et non contentieuse.

Conséquence: la procédure d'appel est spécifique...


Cour de cassation - chambre civile 1 - arrêt de rejet du mercredi 19 mars 2008 - N° de pourvoi : 05-21924

PROCEDURE PENALE - LIBERATION CONDITIONNELLE

Sur le site prison.eu.org : PROPOSITION SUR LA LIBÉRATION CONDITIONNELLE

Dans le cadre du collectif octobre 2001, des organisations ont mené une réflexion sur la libération conditionnelle. Les 7 organisations signataires recommandent la mise en place d’un système mixte, discrétionnaire et d’office.

PROPOSITION D’ORGANISATIONS ISSUES DU COLLECTIF OCTOBRE 2001 SUR LA LIBERATION CONDITIONNELLE

En préambule, nous rappelons les termes du dernier texte d’orientation du collectif Octobre 2001, "Sanctionner le crime dans le respect des droits de l’Homme". Le collectif s’inspire des recommandations du Conseil de l’Europe et, notamment, de la Recommandation "sur le surpeuplement des prisons et l’inflation carcérale", adoptée le 30 septembre 1999 et la Recommandation "sur la libération conditionnelle" adoptée le 24 septembre 2003. Il demande l’application effective des Règles Pénitentiaires Européennes.

Dans cet esprit, le collectif s’est prononcé pour l’abolition de la peine de réclusion à perpétuité, pour la révision à la baisse de l’échelle des peines, et pour l’exécution effective, en milieu ouvert, de toutes les peines d’emprisonnement prononcées pour moins d’1 an (1).

Plusieurs organisations du collectif octobre 2001 (7 à ce jour) sont favorables à l’introduction, dans le droit français, d’une libération conditionnelle d’office, dispositif à même de lutter efficacement contre la récidive et de recentrer la prison sur sa mission de préparation au retour dans la société de la personne condamnée...

FILIATION - NOM DE FAMILLE

Sur le site du Sénat, le texte de M. Serge LARCHER et plusieurs de ses collègues d’une proposition de loi tendant à supprimer les difficultés d'application de l'ordonnance n° 2005 759 du 4 juillet 2005 portant réforme de la filiation

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…cette ordonnance qui a abrogé la légitimation post-nuptias rencontre des difficultés d'application - notamment en Outre-Mer - dans la pratique. Elle ne permet plus à un père de donner son nom à son enfant hors mariage…



PROPOSITION DE LOI

Article 1er

L'article 203 du code civil est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

« Sont aussi enfants du mariage ceux que les époux reconnaissent issus de leur union hors de la célébration par déclaration spéciale de l'officier d'état civil.

« Ensemble, ils choisissent le nom de famille qui leur est dévolu en application de l'article 311-21 du présent code. »

Article 2

L'article 312 du même code est complété par une phrase ainsi rédigée : « Il en est de même de l'enfant reconnu commun lors du mariage de ses parents, par déclaration à l'officier d'état civil. »

DISCRIMINATION - LUTTE

Sur le site du Sénat, un Rapport de Mme Muguette DINI sur le projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations.

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VENTE - RENTE VIAGERE

Cour de cassation - Assemblée plénière - arrêt de rejet n° 565 du 4 avril 2008 - 07-14.523

...Mais attendu qu'ayant exactement retenu que, dès lors que le prix avait été converti en rente viagère, la rente n'était qu'une modalité de paiement du prix et qu'en s'abstenant de payer un terme de cette rente à son échéance, l'acheteur était défaillant dans son obligation de payer le prix au moment où il était exigible, la cour d'appel, qui a constaté que les époux X... ne justifiaient pas du paiement des arrérages impayés dans le délai qui leur avait été imparti, en a déduit, à bon droit, que la clause résolutoire pour défaut de paiement du prix devait recevoir application...

Voir l’Avis de M. Cuinat, avocat général